Axe 1 - Terrorisme(s)/contre-terrorisme, radicalisation/resocialisation

Professeurs supervisant l’axe de recherche : Alain Bauer (Cnam) - Michel Wieviorka (FMSH)

Chercheurs associés : Pr. Martin Jones, Pr. Ryszard Machnikowski, Pr. Louise Shelley, Pr. Peter Lehr, Pr. David Omand, Dr. Elyamine Settoul, Dr. Christian Vallar.

Experts associés : Dr. Sajjan Gohel, John Raine, The Hon. Michael Chertoff, Dr. Xavier Raufer.

Une Revolution In Terrorism Affairs (pour reprendre une célèbre expression concernant la rénovation des stratégies militaires) a eu lieu au cours des dernières années. Passée presqu’inaperçue dans le bruit des bombes, elle a cependant tout changé ou presque dans la lutte contre cette activité d’abord criminelle.

Longtemps, le terrorisme a été aisément identifiable : tout était relié à Moscou ou à Washington. Mais en 1989, après une étrange décennie qui vit l’Occident ne rien comprendre de trois éruptions majeures subies en 1979 (l’assaut contre la Mecque, l’invasion de l’Afghanistan par l’armée rouge, la chute du Shah d’Iran), qui vit l’échec soviétique contre les rebelles afghans, qui vit tomber le mur et l’URSS décider de se dissoudre partiellement, « l’ennemi rouge » venait de disparaître. Et, faute de remplaçant évident, les services imaginèrent qu’il serait remplacé par un « ennemi jaune ».

Et rien ne se passa comme prévu.

La France a l’expérience du terrorisme depuis la Révolution de 1789. Elle en a même inventé le terme. S’il n’est aucune définition consensuelle du terrorisme, des Zélotes aux Haschischins en passant par la Narodnaïa Volya (maison mère du terrorisme contemporain), s’il est même facile de remplacer cette dénomination par « résistance » pour certains opérateurs, il est pourtant possible d’en préciser un contour suffisamment contesté par la plupart des organisations concernées pour qu’on puisse penser n’être pas loin de la vérité.

Copyright The Noun Project - Terrorism - By corpus delictiDepuis l’invention de ce concept politique de terreur - un mode d’exercice de la révolution par l’élimination de l’adversaire intérieur, puis de déstabilisation de l’État adverse -, ce sont les gouvernements qui ont géré le terrorisme comme un art de la guerre par d’autres moyens – contre leurs opposants ou contre les adversaires, dans une guerre froide ou une paix chaude. Il fallut ainsi en France attendre les années 1970 pour que Raymond Marcellin, alors ministre de l’Intérieur, impose à une DST plus que rétive la création d’une unité antiterroriste qui l’éloignait, jugeait-elle, de sa mission essentielle. Mais l’utilisation par les services soviétiques de tous les mouvements révolutionnaires disponibles pour déstabiliser l’occident rendait l’antiterrorisme compatible avec le contre-espionnage.

 

Il s’agit donc aujourd’hui d’essayer de comprendre pourquoi et comment la mondialisation vivant au rythme des réseaux sociaux et de l’internet modifie profondément les interactions pluriséculaires entre le politique et le religieux, et induit des bouleversements stratégiques dans la plupart des pays du globe. Les migrations déstructurent les repères sociaux de communautés entières. Les progrès des droits de l’homme et de la démocratie de marché percutent de fortes résistances liées à des conservatismes et des replis identitaires virulents.

 

Projets de recherche

Projet de recherche 1 : Canaux de dissémination et d’expansion du djihadisme salafiste en Europe

Projet de Recherche 2 : La diffusion de la matrice idéologique salafiste Takfiri: une structure d’influence complexe et globale

Projet de Recherche 3 : Innovations opérationnelles et stratégiques majeures au sein des groupes armés djihadistes : mécanismes et figures clés

Projet de recherche 4 : Mécanismes sociaux et psychologiques de la diffusion en ligne du cyber-djihad: techniques de propagande et de recrutement numérique